PAR FRÉDÉRIQUE TERRAULT
« [C’est] une invitation à apprendre le langage de la forêt en posant ce geste si fort de cueillir à la main pour porter à sa bouche des aliments frais, sains, locaux, nutritifs et remplis de sens. C’est un appel à cuisiner, bien sûr, à se promener en forêt, certainement, mais surtout à prendre le temps, à communier, à renouer avec le sacré et, qui sait, peut-être à bifurquer sur les chemins de traverse. » Extrait du livre « Forêt » de Gérald Le Gal et Ariane Paré-Le Gal
Le renouveau de l’intérêt pour une consommation locale dans les communautés éloignées du Québec dérive entre autres d’une augmentation drastique du coût de la vie déjà beaucoup plus élevé qu’en milieu urbain. En réponse, plusieurs ont décidé de reprendre le chemin vers les forêts afin d’en redécouvrir leurs produits. La chicoutai, les chanterelles, le poivre des dunes et le thé du Labrador ne forment qu’une infime poignée du potentiel alimentaire du territoire de la Basse-Côte-Nord.
Le plein potentiel de l’autocueillette s’inscrit dans sa capacité à inclure toute une communauté, à former un réseau permettant une meilleure accessibilité à la consommation de produits locaux pour tous, et ce, en toute transparence.
Le projet propose un tel réseau; composé de refuges de cueillette disposés dans les terres par les cueilleurs et d’un centre de transformation où les produits peuvent être traités pour la consommation individuelle ou la mise en vente dans un marché local. Les refuges disposent d’un espace de conditionnement des produits pour le triage et le nettoyage des récoltes ainsi que des dispositifs nécessaires à leur première transformation comme le séchage. Ils sont équipés pour répondre à des séjours allant jusqu’à une semaine, dépendant du volume de récolte désiré et de sa proximité aux communautés disposées le long de la côte.
Le centre de transformation s’inscrit comme un nouveau cœur public pour la communauté de Lourdes-de-Blanc-Sablon où des espaces d’ateliers et une cuisine collective assurent une transmission des savoirs reliés à la cueillette et à la transformation des produits locaux. Le traitement paysager de l’espace public permet la réintroduction d’espèces locales sur le site, telle une variété de lichen, d’arbres et de plantes comestibles. Le tout dans l’intention de refléter, au cœur de Lourdes, la beauté irremplaçable et débordante de potentiel qui marque les paysages de la Basse-Côte-Nord.