PAR ARIANE BERGERON
Le Parlement des Animaux est un manifeste, non pas une déclaration de certitude, mais une invitation à réapprendre à cohabiter. Il questionne la frontière entre l’humain et l’animal, rappelle les liens invisibles qui nous unissent, et dévoile l’impact de nos gestes sur les écosystèmes partagés.
En Basse-Côte-Nord, les animaux sont omniprésents. La chasse et la pêche y sont bien plus que des pratiques : ce sont des héritages culturels vivants, profondément enracinés dans une terre aux ressources limitées. C’est à partir de cette réalité que s’est imposé le besoin d’explorer un espace précis, souvent occulté, où cette relation est la plus troublée : celle de la mise à mort.
Ce manifeste prend la forme d’un lieu. Un espace de transformation, à la fois symbolique et tangible, où l’on vient traiter l’animal après la chasse ou la pêche, non dans la froideur de l’industrie, mais dans un environnement respectueux, profondément ancré dans le territoire. Puis, un espace de consommation, d’échange, de préparation, d’observation et, surtout, un espace pour ralentir.
En interrogeant ce processus, le projet cherche à s’éloigner de l’usinage aveugle de la consommation animale.
Il s’agit de réancrer cette relation dans une expérience plus concrète, plus consciente. Exposer plutôt que dissimuler. Questionner plutôt que perpétuer. Le parcours spatial invite à sortir de sa zone de confort, à ressentir. C’est une architecture qui accompagne la transition : d’un rapport de domination vers un rapport de considération.
Ici, les animaux ne sont plus de simples ressources.
Ils sont le territoire.
Et nous, humains, sommes de passage.