PAR KATHERINE LACHANCE
Il est difficile de se déplacer en Basse-Côte-Nord. Bien qu’une quinzaine de villages soient répartis sur les 500 km de côte, seulement 6 sont reliés par des routes. Cela laisse ainsi une dizaine de villages isolés de voies terrestres la majorité de l’année. C’est seulement en hiver, grâce à la Route Blanche, un sentier de motoneige, que tous les « Coasters » retrouvent leur indépendance. Elle est un synonyme de liberté pour les communautés.
Cependant, les lacs et les cours d’eau ont de plus en plus de difficulté à geler à cause du réchauffement climatique, ce qui impacte directement la pérennité de cette route de glace et de neige. Alors que faire pour rendre la Basse-Côte-Nord plus accessible?
Plusieurs interventions sont nécessaires. Premièrement, le présent chemin traverse de nombreuses grandes étendues d’eau, rendant plusieurs tronçons de la route impraticables la majorité de l’année. La relocalisation du tracée de la Route Blanche permettrait de favoriser l’emplacement de cette dernière sur la terre ferme.
Deuxièmement, pour ce qui est des cours d’eau inévitables, la construction de ponts est nécessaire. Deux systèmes ont été développés : des ponts à treillis avec système de lancement pouvant rejoindre des berges à 48 m de distance et des ponts flottants pour les plus grandes distances. Chacun des systèmes serait en aluminium préfabriqué et pensé pour être assemblé sur place avec un outillage minimal pour des questions de facilité de transport et de montage.
Outre le désenclavement permanent des villages de la Basse-Côte-Nord, cette initiative offre une perspective touristique prometteuse : le circuit panoramique de la Route Blanche. Que ce soit en vélo, en ski de fond, à pied, en véhicule tout-terrain ou bien en motoneige, tous pourraient découvrir les divers paysages et les expériences que la Basse-Côte-Nord a à offrir, et ce, tout au long de l’année.
Troisièmement, il a donc été question du développement d’architecture touristique, soit de gîtes et de pavillons d’observation. Un module de base pouvant être répété, aggloméré et offrant plusieurs options de configuration pour être en mesure de s’adapter à chaque contexte a été développé. Ce dernier, tout comme les ponts, devait répondre à des enjeux de transportabilité et d’assemblage, c’est pourquoi les différents modules seraient préfabriqués en usine et composés de matériaux faciles d’installation, tels des panneaux sandwich, et envoyés en morceaux pour être assemblés sur place avec un outillage minimal.
Quatrièmement, en considérant l’augmentation de l’achalandage de la Route Blanche, une mise à jour de l’architecture de sécurité des refuges était nécessaire. Le système de fabrication serait le même que pour les modules de gîtes et de pavillons. L’enveloppe des refuges serait rouge pour favoriser la visibilité et à l’intérieur, il serait possible de trouver le nécessaire à la survie.
Au final, rendre la Basse-Côte-Nord plus accessible à travers un travail de préservation et de mise en valeur de la Route Blanche bénéficierait non seulement les « Coasters » au quotidien, mais permettrait aussi de participer au développement de cette région du Québec si souvent oubliée.