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Exode

PAR ROXANNE FORTIER

L’île, petite parcelle de terre entourée d’eau, a longtemps été le refuge des pêcheurs de la Basse-Côte-Nord. Pendant des années, les familles déménageaient sur ce petit amas de terre pour se rapprocher de ses bancs de poissons. À chaque mois de mai, l’île était spectatrice de ce déménagement, elle attendait patiemment l’arrivée des pêcheurs et de leurs familles. Elle les accueillait sur ses rivages rocailleux et ses plages sauvages, les observait s’installer et leur offrait un refuge le temps d’un été. Voyant les marins repartir à l’automne, comme ses oiseaux migrateurs, l’île devait faire ses au revoir. Mais aujourd’hui, l’île se sent délaissée. Elle reste figée dans l’immensité du golfe, en attente d’une vie qui n’existe plus. Elle se demande si son rôle a disparu, si elle redeviendra un jour ce refuge entre terre et mer.


Le projet EXODE prend racine dans cette tradition de la transhumance, où les habitants des villages côtiers se déplaçaient, l’été venu, pour habiter l’île, emportant avec eux leur maison. Ce passage des saisons, ce mouvement entre les rivages, est un phénomène capturé dans les films de Pierre Perreault, qui, fasciné par cette région, a saisi l’âme de cette transhumance dans ses documentaires. Aujourd’hui, le projet architectural d’EXODE cherche à réinventer cette pratique en lui donnant une nouvelle forme tout en restant aussi significative.


En reprenant l’aspect de saisonnalité de la transhumance, le projet d’architecture propose un mode de vie paisible dicté par le rythme des saisons. L’idée est de proposer une habitation compacte autonome qui se déplace du village côtier de Lourdes-de-Blanc-Sablon à l’île Verte qui, par leur proximité, forment un lien fort. À l’image d’une coque de bateau, la structure de l’habitation renferme tout le nécessaire pour vivre confortablement et simplement.